🔊 Incendies dans le Sud-Ouest : récit marquant d'un pompier d'Eure-et-Loir

Lieutenant Thomas Pagès / GIFF Biscarosse
Le Lieutenant Thomas Pagès (à gauche) est parti renforcer les rangs des pompiers mobilisés sur le feu de Biscarosse (Landes), le 23 juillet 2026 © E.Miotto / SDIS 28 (DR)

« C'est un peu plus dur qu'à l'habitude mais les gens nous donnaient tellement d'amour que... Que ça nous ressourçait. » Le Lieutenant Thomas Pagès raconte son expérience d'une semaine face au brasier hors-norme qui a sévit à Biscarosse (Landes).

Le 23 juillet dernier, 24 personnels du SDIS d'Eure-et-Loir, dont 22 pompiers, sont partis sur le front des incendies dans le Sud-Ouest. Chartres, Lucé, Senonches, Centre de traitement de l'appel, tout le département était représenté. Répartis dans sept engins, avec une logistique mécanique, cet effectif s'est retrouvé face à un mur de flammes dans les Landes, à Biscarosse, durant une semaine. Objectif : stopper la progression de ce feu d'ampleur et en limiter les dégâts. Cet incendie aura parcouru 3 600 hectares de forêt, contraint près de 30 000 personnes à évacuer et touché 198 habitations.

À l'origine, ce groupe parti du centre d'intervention et de secours mixte de Chartres se rendait à Laval, en Mayenne, mais lors de son transit le cortège de camions rouge floqués SDIS 28 a été dérouté vers le Sud-Ouest. Récit du Lieutenant Thomas Pagès, chef du centre de Lucé et chef de groupe du GIFF (Groupement d'intervention feu de forêt) d'Eure-et-Loir à Biscarosse.

Le feu de forêt de Biscarosse vécu et raconté par le Lieutenant Pagès, du SDIS 28

 

Pour l'officier, il s'agissait de sa deuxième « saison » Feu de Forêt. Les 21 autres pompiers euréliens engagés venaient de centres de secours de tout le département : Senonches, Chartres, Châteaudun, ou encore du CTA (le Centre de Traitement de l'Appel). Pour les épauler et assurer la logistique des véhicules, un mécanicien et un aide mécanicien ont prêté main-forte.

 

« Les gens nous donnaient tellement d'amour que ça nous ressourçait »

L'incendie d'ampleur a impressionné le Lieutenant de par son intensité et sa rapidité de propagation, favorisés par de mauvaises conditions climatiques et la sécheresse, dans les zones bordées de milliers de pins qui faisaient ici office d'un carburant infini aux flammes. Il lui en reste des « images assez fortes. » 

 

« Des images assez fortes dans le sens où le feu était virulent et on a pas l'habitude d'avoir ça dans le département [d'Eure-et-Loir]  aussi rapide et avec autant de dégats. C'est un spectacle de guerre, on a pas l'habitude de voir autant de destructions sur si peu d'espace. »

 

Les dégâts se sont les paysages ravagés, des pinères noires et blanches comme dans les films d'époque, mais aussi les habitations détruites ou abîmés par ce brasier. Alors face à la dureté du labeur, la solidarité des habitants donnait de l'énergie. Et ça, ça a profondément touché Thomas Pagès : « C'est un peu plus dur qu'à l'habitude mais les gens nous donnaient tellement d'amour que... Que ça nous ressourçait. » Une courte pause est nécessaire pour l'officier pris d'émotion, puis il poursuit son récit : « Les gens étaient à notre disposition, ils nous remerciaient en permanence, échangeaient trois mots le matin en nous emmenant des croissants. Il y a des personnes qu'on voyait tous les jours... Ils avaient besoin de nous voir et c'était réciproque. Et, ça marquera je pense la totalité des pompiers intervenus sur le sinistre des Landes. »

 

 

Les pompiers d'Eure-et-Loir formés aux feux de forêt restent mobilisables jusqu'à la mi-septembre partout en France. Une nouvelle colonne de renfort a été engagée début août dans l'Aude.

 

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Ces appuis humains et logistiques, en soutien des autres Services départementaux d'incendie et de secours, sont possibles grâce à la création de cette spécialité FDF il y a quatre ans.  « On s'aperçoit depuis plusieurs années que les feux de forêts ne sont pas forcément dans le Sud de la France, sur l'Arc méditerranéen. On a rencontré des incendies spectaculaires il y a deux ans en Centre-Val de Loire. Donc c'est vraiment une volonté de renforcer cette spécialité dans le département. [...] Un jour ça peut arriver chez nous, faut être très clair, le risque est de plus en plus prégnant. » Et nul doute que les engagements successifs en Gironde, dans les Landes ou encore l'Aude cet été 2026 sauront apporter de précieux enseignements afin de se prévenir de feux d'espaces naturels en Eure-et-Loir, avec notamment la forêt domaniale de Dreux qui est classée depuis 2004.

 

Publié : 21h00 par Jade Bihan

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