🔊 « L'idée de base, c'était d'être un super-héros avec cet handicap »

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De Chartres au cœur de la Beauce, le réalisateur Louis Clichy raconte son enfance à travers Le Corset, en salles le 14 octobre © Radio Intensité

Natif de Chartres, le réalisateur Louis Clichy a présenté, dimanche 13 septembre, son nouveau long-métrage d’animation le plus personnel au cinéma Les Enfants du Paradis. Avec Le Corset, il replonge dans une partie de son enfance pour raconter le quotidien d’un jeune fils d’agriculteurs, contraint de porter un corset, sur fond de paysages beaucerons.

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Un film inspiré de sa propre enfance

Après avoir travaillé chez Pixar sur Wall-E et Là-Haut, puis co-réalisé les deux derniers volets d’Astérix avec Alexandre Astier, Louis Clichy a choisi de revenir dans la Beauce avec un projet plus intime. Le Corset trouve en effet ses racines dans sa propre histoire. Adolescent, le réalisateur a lui-même porté un corset et grandi dans une famille d’agriculteurs.

 

« Je me sers d’éléments importants de mon enfance pour créer une autre histoire », explique-t-il

 

Le film suit Christophe, un jeune garçon d’une dizaine d’années qui voit son quotidien bouleversé par cet appareil qui entrave ses mouvements et accentue son sentiment de mise à l’écart. Une idée qui a mûri dès l'adolescence. « L’idée de base, c’était d’être un super-héros avec cet handicap », raconte Louis Clichy.

Comme les héros de comics, son personnage se voit transformer sa faiblesse en force. Après plusieurs autres projets, le réalisateur revient finalement à cette histoire il y a environ cinq ans, avec l’envie de raconter quelque chose de plus personnel et plus ancré dans le réel.

 

La Beauce comme décor, mais aussi comme personnage

Dans Le Corset, la Beauce occupe une place centrale. Louis Clichy, qui a passé une partie de son enfance en Eure-et-Loir, à Janville-en-Beauce, avant de grandir à Orléans, souhaitait montrer un territoire rural encore peu représenté au cinéma.

Pour retrouver la réalité agricole des années 1980, l’équipe s’est notamment rendue pendant une semaine à la ferme des Peschard (Loir-et-Cher) afin d’enregistrer les sons directement sur place : tracteurs, moissonneuses, oiseaux ou encore bruits liés aux travaux agricoles.

Le réalisateur a également cherché à retranscrire graphiquement cette campagne aux paysages très ouverts.

Pour représenter la Beauce, il raconte son inspiration pour les techniques traditionnelles du dessin
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Aurélie Vassort et Dimitri Colas, des comédiens non-professionnels de Beauce, sélectionnés par Louis Clichy à l'issue d'un casting sauvage © Radio Intensité

 

Une résidence de deux mois à Vendôme, accompagnée par Ciclic, l’agence régionale du Centre-Val de Loire pour le livre, l’image et la culture numérique, lui a par ailleurs permis de se consacrer pleinement au lancement du projet. Soutenu par la Région Centre-Val de Loire, mais aussi par le CNC, le Centre national du cinéma et de l'image animée, le film a progressivement pu voir le jour malgré un projet d’animation traditionnelle et un sujet éloigné des productions les plus commerciales.

Les voix ont été enregistrées avant l’animation, permettant ensuite aux animateurs de construire les mouvements des personnages à partir du jeu des comédiens. Côté dessin, Louis Clichy a privilégié l’aquarelle et l’encre de Chine, réalisées sur papier dans la Drôme avant d’être retransmises sur ordinateur, afin de conserver une animation plus spontanée.

Une technique qui correspond à son envie de revenir à une production plus artisanale après ses expériences dans de grandes productions en 3D.

 

Une production jusque dans les voix du territoire

Cette volonté de réalisme s’est également retrouvée dans le casting. Louis Clichy a lancé un appel dans la presse locale afin de trouver des comédiens amateurs du territoire. Deux Euréliens ont finalement été retenus pour interpréter les parents de Christophe : Aurélie Vassort, de Châteaudun, et Dimitri Colas, de Chartres.

Ce dernier se souvient avoir découvert l’annonce dans le journal local avant de passer deux castings. « Le dernier casting, Louis Clichy me dit : écoute, cherche pas, c’est toi », raconte-t-il.

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À l'issue de la projection, Louis Clichy a été honoré d'une standing ovation devant une salle quasi comble © Radio Intensité

 

Présélectionné pour représenter la France aux Oscars dans la catégorie du meilleur film international, Le Corset sortira dans les salles le 14 octobre. Le film sera également prolongé sous une autre forme avec une adaptation en roman illustré, publiée par L’École des loisirs, prévue le 7 octobre, pour accompagner sa sortie.

Une manière pour Louis Clichy de poursuivre son exploration du monde agricole et de cette Beauce qui, pour lui, constitue bien plus qu’un simple décor.

Publié : 17h00 par Robin Ollitraut

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