🔊 « On n’en peut plus » : colère des soignants au centre hospitalier de Chartres

FO se mobilise devant l'hĂ´pital Louis Pasteur du Coudray
Le personnel du Centre Hospitalier affiche sa colère devant l'établissement. © Radio Intensité

Le syndicat Force Ouvrière des hospitaliers de Chartres et trois des quatre services actuellement en grève se sont réunis vendredi 16 janvier 2026 devant le Centre hospitalier du Coudray. Le groupe s’est ensuite mobilisé devant la salle accueillant la cérémonie de remise des médailles à laquelle le directeur de l’établissement assistait. Tour d’horizon des revendications.

Une cinquantaine d’infirmières et d’aides-soignants se sont rassemblés ce vendredi 16 janvier 2026 à 14 heures devant le centre hospitalier du Coudray, à Chartres, pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. Plusieurs services sont mobilisés et pointent un manque criant de moyens humains, une charge de travail accrue et des suppressions de postes. Au service de réanimation, la situation est jugée particulièrement préoccupante. En deux ans, plus de 40 départs ont été enregistrés. Alors que l’unité est théoriquement dotée de 12 lits, seuls 10 sont actuellement ouverts, faute de personnel. Deux lits ont dû être fermés. Une perspective qui inquiète d’autant plus les soignants qu’un projet d’extension à 18 lits est annoncé. « Il y aura un nouveau bâtiment et des patients à y accueillir, mais il n’y aura plus de soignants au moment de l’ouverture », alerte une infirmière mobilisée.

 

La colère gagne également le service de cardiologie 3, où les équipes dénoncent un manque de reconnaissance de leur charge de travail, notamment dans le suivi des patients télémétrés. Ces prises en charge nécessitent des formations spécifiques, une surveillance accrue et engagent directement la responsabilité des soignants. « C’est du travail en plus qui n’est pas reconnu à sa juste valeur. À la longue, cela conduit à un épuisement physique et mental », témoignent-ils. Au pôle de néphrologie-dialyse, l’annonce de la suppression de 16 heures de temps infirmier quotidien a été la goutte d’eau. Les équipes rappellent qu’en dialyse, le travail ne se limite pas à brancher et débrancher les patients, mais implique un suivi global et attentif. « Avant, on prenait soin des patients de A à Z. Aujourd’hui, on nous impose des changements d’horaires et des réductions de moyens », déplorent les soignants.

 

Pour Marina Neveu, déléguée syndicale Force ouvrière des hospitaliers de Chartres, la situation est inédite : « Quatre grèves en même temps à Chartres, c’est du jamais vu. On a le sentiment qu’il est très difficile d’avoir des discussions constructives avec la direction, qui minimise les problèmes ou semble impuissante à y répondre. »

 

De son côté, la direction du centre hospitalier assure que le dialogue est engagé. Pierre Best, directeur de l’établissement, rappelle que l’écoute des équipes ne signifie pas un accord systématique avec toutes les demandes : « Être à l’écoute ne veut pas dire donner immédiatement satisfaction à toutes les recommandations, notamment lorsqu’il s’agit d’effectifs supérieurs aux normes. »

 

Le préavis de grève déposée par le syndicat Force Ouvrière des hospitaliers de Chartres et la CGT et qui devait prendre effet à compter du lundi 19 janvier a finalement été levée. Les deux syndicats l'ont annoncé conjointement  dans une lettre adressée au directeur de l'établissement, mentionnant qu'« au regard des engagements que vous avez pris, notamment en matière dedialogue social, de réévaluation des effectifs, de mise en œuvre des temps d’habillage et de déshabillage, ainsi que des mesures liées à la période de certification. la CGT des hospitaliers de Chartres ainsi que le syndicat FO des hospitaliers de Chartres, décident de lever le préavis de grève à compter
du lundi 19 janvier 2026. »

Ecoutez notre reportage ici :

Publié : 10h41 par Léa Gandon

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