🔊 Suspicion d'amiante dans deux écoles et un collège d'Eure-et-Loir

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Elèves et personnels sont-ils exposés à l'amiante ? (Illustration) © Radio Intensité

Des bâtiments scolaires infestés d'amiante friable, susceptible de se retrouver dans l'air. La plupart des écoles construites avant 1996 contiennent des matériaux amiantés. Aucun danger, tant que ceux-ci sont en bon état, mais près de trente ans après l'interdiction en France leur état de dégradation inquiète. Deux syndicats CGT Educ'Action et Sud Education 28 tirent la sonnette d'alarme via l’Association Stop amiante scolaire 28 et pointent particulièrement deux établissements du département.

Deux syndicats s'inquiètent de la présence de matériaux dégradés contenant de l'amiante

Des dalles de sol amiantées cassées et parfois même descellées, dans les classes des deux écoles de Senonches. C'est la découverte en novembre 2025, du syndicat CGT Educ'Action 28 lors d’une visite des établissements scolaires. C'est un élève qui a prévenu les syndicalistes spécialisés sur les questions d’amiante.

 

Thibaut Lemière, co-secrétaire départemental CGT éduc'action 28 est référent « amiante » du syndicat pour l'académie Orléans-Tours. Il s'avoue préoccupé alors les Dossiers Techniques Amiante (DTA) des écoles mentionnent bien la présence de la fibre minérale dans ces dalles de sol. Selon son inspection, une cinquantaine de dalles présentes dans les classes sont détériorées. «  À partir du moment où elles sont très dégradées, elles libèrent de l'amiante » insiste le syndicaliste. « Elles sont brisées, elles sont dégradées, elles représentent un danger énorme pour les élèves et le personnel. Encore plus en maternelle, ou les élèves peuvent faire traîner leur cartable par terre où jouent au sol. On est très soucieux du danger que cela représente car le risque d'inhalation est très important ».

 

L’amiante, interdite depuis 1997 en France, est un cancérogène sans effet de seuil. La quantité ou la durée d’inhalation ne changent pas la gravité du danger d'exposition : une inhalation même brève et peu importante suffit à provoquer des cancers, 10 , 20 ou 30 ans après l’exposition… «  Il n’y a pas de risque zéro avec l’amiante : une fibre inhalée est un danger » , scande le spécialiste.


« J'ai mes petits enfants dans cette école s'il y avait un risque je serai le premier à les retirer » (Eric Bourlot, premier adjoint à Senonches)

 

Pas d'inquiétude pour le premier adjoint à la commune. Eric Bourlot a été alerté de la situation. « Notre DTA indique que tout va bien. On fait très attention. J'ai mes petits enfants dans cette école s'il y avait quoi que ce soit de dangereux je serai le premier à les retirer. Les dalles ne contiennent pas d'amiante, c'est uniquement la colle en dessous, l'idée c'est de ne pas y toucher » justifie l'élu.



Le syndicat réclame le retrait de l'ensemble des MCA, Matériaux Contenant de l’Amiante de l'école. Senonches devrait choisir un encapsulage par une résine ou du béton. « Notre responsable du service technique travaille dessus. On n'est pas du tout inquiet. On ne va pas enlever les dalles, on va plutôt procéder par recouvrement », explique le premier adjoint. Une solution qui n'est pas pérenne pour la CGT Educ'Action car « l'amiante est toujours là. » S'il s'agissait d'un risque électrique, le problème serait réglé assure le syndicat mais comme « le danger est invisible et ses conséquences à plusieurs décennies, la prise de conscience des autorités locales est beaucoup plus lente. » Il appelle les personnels et les parents d'élèves à se mobiliser pour protéger les enfants et les enseignants.



 

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Certains prélèvements "surfaciques" ont révélé plus de 2 millions de fibre d'amiante au collège de Maintenon (Illustration) © Radio Intensité

 

2 millions de fibres d'amiante au cm² dans un collège à Maintenon



Une mobilisation largement suivie à Maintenon (Eure-et-Loir), lundi 5 janvier 2026. Pour la rentrée des classes, parents d’élèves, collégiens, et enseignants, se sont rassemblés devant le collège Jean Racine à l'appel du syndicat Sud Éducation 28. Devant les grilles du collège, les parents étaient invités à remplir le registre Santé et Sécurité du collège et déposer une plainte à la gendarmerie pour mise en danger de la vie d’autrui.

 

En septembre 2025, Sud Éducation 28 et CGT Educ’action 28 ont fait analyser en laboratoire des poussières prélevées sur des surfaces dans la salle numéro 13 de SVT. « Sur cinq prélèvements dits « surfaciques » dans ma salle, deux sont revenus positifs. Dont une comportaient plus de deux millions de fibres d'amiante retrouvées dans un seul centimètre, c'est énorme. C'était dans une rigole du tableau, ça veut dire qu'à chaque fois que les élèves vont au tableau ils peuvent souffler dessus. L'autre échantillon venait du vidéoprojecteur que je manipule chaque jour. Il indiquait 3000 fibres d'amiante au centimètre carré » dresse Antoine Béguerie, professeur de SVT dans ce collège.

 

« Je n'ai pas d'ordre de retour au travail de l’inspection académique, je considère que c'est une reconnaissance tacite du danger » (Antoine Béguerie, professeur de SVT)

 

Il exerce depuis la Toussaint son droit de retrait craignant pour sa santé. Sa classe est depuis les résultats des analyses condamnées. « Je n'ai pas d'ordre de retour au travail de l’inspection académique, alors que c'est une possibilité qu'a l'administration. Elle pourrait considérer qu'il n'y a pas de danger et me l'ordonner mais elle ne le fait pas. je considère que c'est une reconnaissance tacite du danger » poursuit l'enseignant. En juin 2024, les analyses de l'air réalisées pourtant par le Conseil départemental, propriétaire des locaux, étaient revenues négatives. Le représentant syndical demande le nettoyage complet des locaux contaminés à l’amiante et la réalisation des travaux nécessaires pour isoler l’amiante (rebouchage des trous, sécurisation).

 

Alerté, le Département précise que les analyses réalisées jusqu’à présent attestent du respect strict des seuils réglementaires fixés par le Code de la Santé publique avec des niveaux d’empoussièrement mesurés très largement inférieurs aux limites en vigueur. À l’écoute des préoccupations exprimées, l'institution affirme que « des mesures complémentaires confiées à des sociétés certifiées » le 13 décembre 2025. Elles « ont démontré l’absence de fibre d’amiante dans l’air des trois salles de classes concernées. » Le conseil départemental précise enfin qu' « une intervention est programmée le samedi 10 janvier pour effectuer une aspiration de poussière sous les menuiseries ». Cette opération sera menée par une entreprise certifiée par un laboratoire accrédité et des mesures complémentaires d’empoussièrement de l’air seront effectuées le 17 janvier après l’intervention d’aspiration.

Publié : 7 janvier 2026 à 7h45 par Christophe BLONDEL

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