🔊 « L’Université de Rebibbia », un hymne théâtral à la liberté en milieu carcéral

L’Université de Rebibbia
Mélanie Pichot (au centre) incarne Goliarda Sapienza © Théâtre en Pièces

Retrouver la liberté... au cœur même d'une cellule de prison. C’est le paradoxe saisissant de "L’Université de Rebibbia", la nouvelle création du Théâtre en Pièces présentée dès ce vendredi 25 septembre au OFF à Chartres. Une immersion théâtrale coup de poing dans l'univers carcéral, adaptée du récit autobiographique de l’écrivaine italienne Goliarda Sapienza.

Mélanie Picot adapte et joue "L’Université de Rebibbia" sur scène

Pas de barreaux, pas de murs visibles. Et pourtant, l’enfermement est là, immédiat, palpable. Dès l’entrée dans la salle, le public n’est plus simple spectateur : installé au plus près des comédiens, il partage le même espace, le même souffle, le même quotidien que les détenues.Nous sommes en 1980, dans la plus grande prison pour femmes de Rome. Épuisée, en pleine dépression après un vol de bijoux, l'écrivaine Goliarda Sapienza y est incarcérée. Mais ce qui devait être une déchéance va devenir une renaissance. Mélanie Pichot, adapte et joue le texte sur scène.

 

« Elle est au plus mal, elle va pas bien, grande dépression... Et au contact de toutes les autres détenues, elle va retrouver force, vitalité, courage, elle va repartir dans son chemin de vie » raconte la comédienne. « Ce qui est incroyable dans cette pièce, c'est qu'à la fois c'est absolument paradoxal, puisque c'est dans ce lieu d'enfermement qu'elle va retrouver sa liberté intérieure. »

 

 Un hymne à la vie et à la résistance

 

Dans ce huis clos survolté, l'intellectuelle bourgeoise croise le fer et la vie avec des voleuses, des prostituées ou des militantes politiques. Entre les tensions de la promiscuité jaillissent des moments d'humanité bruts, presque solaires : des rires, des chants tziganes, et même des séances de bronzage improvisées dans la cour. Un tourbillon d'émotions où l'on passe sans cesse de l'ombre à la lumière. Un hymne à la vie et à la résistance.

 

« Les gens quand ils entendaient la lecture, ils disent c'est une pièce qui donne du courage... Goliarda Sapienza, c'est une femme incroyable qui a sur son chemin de vie à elle toujours chercher la liberté. Elle a brisé tous les codes sociaux, moraux, familiaux. »


Une traversée théâtrale féroce, drôle et poignante, qui bouscule nos certitudes et rappelle que même au plus profond de l'isolement, le désir de vivre reste invincible.

 

 

PRATIQUE :

"L’Université de Rebibbia", par la compagnie Le Théâtre en Pièces, est à découvrir au théâtre Le OFF à Chartres pour vingt représentations du 25 septembre au 18 octobre. Informations et réservations sur le site du théâtre.

Publié : 8h42 par Christophe BLONDEL

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