🔊 Fermeture administrative du Pacha Kebab, entre travail illégal et communication controversée de la préfecture

Pacha Kebab
Mehmet Guzel est propriétaire de l'établissement depuis 2018. © Radio Intensité

Le Pacha Kebab, restaurant rapide de Chartres, a été fermé pendant une semaine en décembre 2025 par la préfecture d’Eure-et-Loir pour travail illégal d’un salarié étranger. Initialement qualifiée de travail dissimulé par la préfecture, la situation a été clarifiée et le motif corrigé. Le propriétaire, Mehmet Guzel, conteste la manière dont la fermeture a été appliquée et la communication de l’administration, tandis que la préfecture souligne le cadre légal ayant conduit à cette décision. L’affaire inclut également la mention d’une OQTF ancienne, désormais non applicable, qui a alimenté le débat public.

Le 23 décembre 2025, après le service du midi, une équipe de la police nationale se rend sur place pour fermer immédiatement le restaurant. Le propriétaire, Mehmet Güzel, avait déjà été contrôlé en novembre et convoqué en décembre pour s’expliquer. Son employé, déclaré et payé depuis 2021, ne disposait pas d’autorisation de travail, son récépissé de demande de régularisation étant en attente depuis 2023. Juridiquement, sans autorisation explicite sur ce document, il aurait dû cesser toute activité jusqu’à la décision de la préfecture, une procédure pouvant durer plusieurs mois. « On ne nous laisse même pas finir les marchandises de la journée, comme si on avait fait quelque chose de grave ou dangereux », déplore M. Guzel. « La façon de fermer est aberrante et inacceptable. Il y avait des clients à l’intérieur, on les a fait sortir et on a fermé. »

 

Travail illégal ou travail dissimulé ?

Sur ses réseaux sociaux, la préfecture a d’abord parlé de travail dissimulé, laissant entendre que le propriétaire aurait volontairement caché l’activité de son salarié pour éviter cotisations et déclarations. Une accusation que M. Guzel réfute : « Dire que c’est du travail dissimulé, c’est mensonger et diffamatoire. Mon employé a été payé intégralement et tout a été déclaré. » La préfecture a depuis corrigé sa communication, précisant qu’il s’agissait de travail illégal, conformément au Code du travail. Philippe Dumas, directeur de cabinet de la préfecture, explique : « Le salarié ne disposait pas d’autorisation de travail, et c’est sur ce motif que l’établissement a été fermé. »

 

La polémique autour de l’OQTF

Quelques jours après la correction, la préfecture a mentionné que le salarié avait été visé par une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) en 2019. Or, cette décision n’est plus applicable depuis 2022, sa durée de validité étant de trois ans. M. Güzel estime que cette mention, désormais obsolète, ne vise qu’à nuire à la réputation de son établissement : « Ça n’a aucun lien avec la fermeture. Pourquoi ajouter cette information ? Cela donne l’impression que la préfecture essaie de se justifier en cherchant dans le passé. » La préfecture se défend : « Nous considérions cette information comme importante pour rappeler qu’à l’époque, le salarié n’avait pas le droit de séjourner en France. Depuis, il dispose d’un titre de séjour provisoire et sa demande de régularisation est en cours d’examen. »

 

Le dossier de régularisation du salarié devrait faire l’objet d’une décision dans les prochaines semaines. De son côté, Mehmet Guzel a saisi un avocat et ne compte pas en rester là.

 

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Publié : 8 janvier 2026 à 9h15 par Léa Gandon

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