🔊 Troubles bipolaires : briser le silence autour d'une maladie invisible

Bipolarité
Image d'illustration © Image libre de droits

La journée internationale des troubles bipolaires s’est déroulée lundi, le 30 mars, une maladie psychique encore largement méconnue. Une maladie de l’humeur, faite de hauts… et de bas extrêmes. Mais derrière les clichés, il y a des parcours de vie, souvent longs et difficiles. Rencontres.

Longtemps invisibles et mal compris, les troubles bipolaires restent une maladie psychique complexe, marquée par l’alternance de phases d’exaltation et de dépression profonde. Comme beaucoup de patients, Delphine, aujourd’hui âgée de 48 ans, a mis des années avant de mettre un mot sur ce qu’elle vivait. Son diagnostic n’a été posé qu’après 16 ans d’errance. Une annonce vécue comme un soulagement : enfin, ses symptômes prenaient sens et ouvraient la voie à une prise en charge adaptée. « Franchement, ça a été comme une délivrance », confie-t-elle. « On mettait enfin un mot sur mes symptômes. »
Delphine Hérisson
Delphine travaille aujourd'hui dans le bien-être, à son compte. © DR

Car si la maladie se soigne, trouver le bon traitement demande du temps. Dosages, molécules, ajustements… le parcours est souvent long. Aujourd’hui stabilisée depuis plusieurs années, Delphine décrit toutefois un équilibre fragile, fait de « petites vagues » émotionnelles. La bipolarité se caractérise par des épisodes maniaques, où l’énergie, les idées et la confiance en soi sont décuplées, suivis de phases dépressives souvent épuisantes. « Dans les périodes maniaques, j’étais une Wonder Woman, avec des idées qui fusaient à 100 à l’heure », raconte Delphine. « Et après, on tombe de très haut. »

 

L'UNAFAM 28 EN SOUTIEN AUX FAMILLES

Un rythme difficile à vivre, tant pour les personnes concernées que pour leur entourage. Face à cette réalité, les proches jouent un rôle essentiel, mais se retrouvent souvent démunis. Pour les accompagner, l’UNAFAM (Union nationale des familles et amis de personnes malades psychiques) propose notamment des groupes de parole. « Ces temps d’échange permettent de ne plus rester seul et de mieux comprendre la maladie », explique Christine Georges Zagula, déléguée départementale. « Ils apportent un soutien précieux aux familles. »

Car au-delà des symptômes, la bipolarité impacte tous les aspects de la vie : relations sociales, travail, estime de soi. Et son caractère invisible renforce parfois l’incompréhension. « Les gens ne voient pas forcément le handicap, et le jugement peut être très dur à vivre », souligne Delphine.

Malgré ces difficultés, un équilibre reste possible. Avec un suivi adapté, un entourage informé et un accompagnement approprié, les trajectoires peuvent évoluer positivement. « Plus on a de connaissances sur la maladie, plus on devient un aidant efficace », rappelle la représentante de l’UNAFAM.

Pour aller plus loin, une journée de formation est organisée le 11 avril par l’UNAFAM 28. Elle abordera différents troubles psychiques, dont la bipolarité, la schizophrénie, la dépression sévère ou encore les troubles obsessionnels compulsifs et les addictions. Pour toute information complémentaire, contactez le 06 86 51 21 56 ou rendez-vous sur le site de l'UNAFAM28.

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Publié : 16h24 par Léa Gandon

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