Fermetures de classes en Eure-et-Loir : enseignants et syndicats dénoncent un « paradoxe inacceptable »

"Non à la fermeture de classe"
Des pancartes "Non à la fermeture de classe" © Radio Intensité

Comme annoncé lundi, le Conseil départemental de l’Éducation nationale présentera, le 7 avril prochain, la carte scolaire définitive pour la rentrée 2026-2027. L’académie prévoit 37 fermetures et 10 ouvertures de classes. En réponse, les syndicats se sont mobilisés hier à midi devant l’inspection académique à Chartres.

« La saignée doit cesser. » Le ton est donné. Hier midi, une cinquantaine d’enseignants et de représentants syndicaux se sont rassemblés pour contester les décisions à venir de l’Académie concernant la carte scolaire en Eure-et-Loir. Au cœur des inquiétudes : la fermeture de plusieurs classes, principalement dans le sud du département. À Bonneval, au collège Albert-Sidoine, trois classes pourraient disparaître. Une situation qui inquiète fortement les enseignants, déjà confrontés à des effectifs élevés.

Jean-Daniel Tournois, professeur d’histoire-géographie dans l’établissement, souligne les difficultés croissantes du métier : « On a des profils d’élèves de plus en plus divers, qui nécessitent une attention particulière. Avec des classes qui approchent les 30 élèves, il devient très difficile d’accompagner chacun correctement. »

 

MOINS D'ÉLÈVES DANS LES ÉTABLISSEMENTS MAIS PLUS DANS LES CLASSES

De son côté, le rectorat justifie ces fermetures par une baisse démographique, constatée dans le département depuis le début des années 2000. Un argument que contestent les syndicats. Pour Pierre Licout, co-secrétaire départemental de la FSU 28, le raisonnement ne tient pas : « Certes, il y a moins d’élèves, mais on a aussi perdu des classes et des moyens depuis 2017. Résultat : on se retrouve avec davantage d’élèves par classe. C’est un paradoxe déconcertant et inacceptable. »

Les conséquences ne seraient pas seulement pédagogiques. Selon Olivier Aubry, secrétaire général de l’union départementale FO 28, la situation pèse aussi lourdement sur le climat scolaire et la santé des enseignants. « Il y a une souffrance importante partout. Des collègues sont confrontés à des situations de plus en plus difficiles, avec des élèves en crise et un manque de moyens pour y faire face », alerte-t-il.

Face à cette mobilisation, les syndicats entendent maintenir la pression. Un nouveau rassemblement est d’ores et déjà prévu le 7 avril à 14h30 devant la préfecture.

 

Publié : 14h46 par Rédaction Intensité

Eure-et-Loir (28)Info Locale





TITRES DIFFUSÉS

Voir plus